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Diabete


Un outil de dépistage de la neuropathie périphérique pour les patients avec un diabète de type 1

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La neuropathie périphérique (NP) diabétique est une complication d’origine multifactorielle. En plus de l’hyperglycémie, les processus inflammatoires et réactions immunitaires jouent un rôle important dans son apparition. Les signes cliniques étant souvent tardifs, les techniques électro-physiologiques permettent un diagnostic précoce infra-clinique.

La néopterine est un composant pyrazino-pyrimidine synthétisé par les monocytes et macrophages en réponse à une stimulation par l’interféron gamma. Il s’agit d’un marqueur de l’inflammation et de la réponse immunitaire cellulaire, connu pour son élévation dans diverses pathologies (auto-immunes, infections, cancers, maladies cardiovasculaires, pathologies neurologiques) ainsi que dans le diabète de type 2 ainsi que le diabète gestationnel.

Dans cette étude les auteurs ont mesuré la néopterine pour 60 patients de moins de 18 ans diabétiques de type 1 depuis au moins cinq ans, ainsi que pour 30 contrôles sains appariés pour l’âge et le sexe. Ils ont étudié le lien entre ces dosages et la présence d’une NP définie par l’association d’un score clinique et d’études de conduction nerveuse.

Ainsi, trente patients diabétiques présentaient une NP (50 %). Ils étaient significativement plus âgés (AC : 13,8 ans vs .11,3 ans), avec une durée d’évolution du diabète plus longue (AC : 10,6 versus 6,4 ans) et une HbA1C plus élevée ((10,3 versus 8,4 %) que ceux sans NP. Le taux de néopterine était significativement plus élevé chez les patients avec NP (valeur moyenne 53,5 mmol/L 35-60) que ceux sans NP (valeur moyenne :17 mmol/L 13-23), et que les contrôles sains (valeur moyenne : 5 nmol/L). Il existait également une corrélation positive entre le niveau de néopterine et l’HbA1C, la créatinine plasmatique, le cholestérol total, et la CRP chez les patients avec NP. Une courbe ROC permettait enfin d’identifier la valeur seuil de 32 nmol/L pour différencier les patients avec ou sans NP avec une sensibilité de 100 % et une spécificité de 96,7 %.

En conclusion, la néopterine pourrait être utilisée comme marqueur biochimique de risque de survenue d’une NP et conduire à réaliser un électromyogramme chez ces patients.

Mots clés : diabète, neuropathie

Impact sur la pratique clinique : oui

Références

Date de la session : 27 septembre 2018
Type de la session : Free Communication
Titre original de la communication : Pediatric patients with type 1 diabetes and abnormal nerve conduction studies demonstrate higher neopterin levels : potential role as a biochemical marker for peripheral neuropathy
D’après la communication de Nancy Elbarbary (Egypt)

Auteur de la brève

Dr. Emeline MARQUANT

Service de pédiatrie multidisciplinaire Hôpital de la Timone CHU de Marseille