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L'hypothyroïdie : une pathologie possiblement réversible ?

Le traitement par L-thyroxine est l'un des traitements les plus prescrits au monde, et les patients le garderont à vie dans 90 % des cas. Si la question de la pertinence du traitement est discutée dans certaines situations non consensuelles comme l'hypothyroïdie infraclinique, la durée du traitement et la réévaluation de la fonction thyroïdienne dans les autres situations d'hypothyroïdie sont moins souvent remises en question.

Un essai d'arrêt du traitement a été effectué pendant six semaines chez 231 patients (84 % de femmes, âge moyen 48 ans) suivis et traités pour hypothyroïdie, toutes causes confondues. Les patients thyroïdectomisés, ainsi que les femmes ayant un désir de grossesse ou ayant donné naissance à un enfant dans l'année précédente avaient été préalablement exclus. Les résultats sont très surprenants puisque seuls 25 % des patients gardaient une hypothyroïdie à l'issue de la fenêtre thérapeutique, avec une TSH > 4,5 mUI/l nécessitant la reprise du traitement.

La présence d'anticorps anti-TPO (57 % des cas) n'était pas prédictive de la rechute de l'hypothyroïdie à l'arrêt du traitement, suggérant que les hypothyroïdies auto-immunes pourraient être plus souvent réversibles que ce qui est communément admis (ou que certains patients avaient été traités uniquement sur l’argument des anticorps positifs). Le seul facteur prédictif de la nécessité d'un traitement au long cours était l’échogénicité hétérogène de la thyroïde. Il n'y avait pas de d'influence du taux de TSH avant traitement, ni de l'âge. Cette étude a l’originalité de soulever une question peu abordée : le caractère possiblement réversible de l'hypothyroïdie et la nécessité de réévaluer la fonction thyroïdienne des patients traités par la réalisation d'une fenêtre thérapeutique.

D'après la présentation de Sarantis Livadas (Greece)

Reference

CONGRES ECE 2017 - Dimanche 21 mai
Levothyroxine replacement therapy: once treatment is started, should it last indefinitely?
Oral communication 4

Auteur de la brève

Dr. Sarah Castets

Pédiatre au centre hospitalier de Bourg en Bresse Attaché au centre hospitalier de Valence