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La régulation de l’homéostasie glucidique durant la gestation chez la souris nécessite l'expression du récepteur de la prolactine dans le pancréas mais pas le cerveau

Des changements majeurs se produisent dans l'homéostasie glucidique maternelle pendant la grossesse, les tissus maternels deviennent progressivement résistants à l'insuline en favorisant la disponibilité du glucose pour le développement du fœtus [1]. Pour s'assurer que la mère puisse continuer à utiliser le glucose et prévenir une potentielle surcharge chez le fœtus à mesure que le placenta devient plus efficace dans la captation du glucose, la production maternelle d'insuline est augmentée. Cette réponse adaptative implique la prolifération des cellules β pancréatique sécrétant l'insuline et une sensibilité accrue de sa sécrétion en réponse au glucose. Ces changements dans l’homéostasie glucidique seraient entrainés par une concentration accrue de la prolactine (Prl) et de l’hormone lactogène placentaire (hPL) [2]. L'augmentation de la concentration en prolactine pourrait permettre d’augmenter les concentrations d'insuline et stimuler l'expansion des cellules β sans modifier les concentrations de prolactine périphérique, suggérant que les actions de la prolactine dans le cerveau peuvent contribuer à modifier l'homéostasie du glucose pendant la grossesse.

Le but de l’étude de D R Grattan et son équipe était de déterminer la contribution de l'action de la prolactine au niveau du pancréas et du cerveau, aux adaptations de la régulation glucidique induites par la grossesse. Ils ont observé que des souris présentant une délétion du récepteur de la prolactine (Prlr) dans le pancréas et des neurones du cerveau antérieur présentaient durant leur gestation une tolérance réduite au glucose, une sécrétion d'insuline stimulée par le glucose réduite et un manque de développement de la fraction de cellules β. Afin de déterminer si l’action de la Prl se faisait de manière préférentielle par l’un des deux organes, l’équipe a généré un modèle murin de souris présentant une délétion du Prlr soit dans le pancréas, soit dans les cellules du cerveau antérieur. Les souris gestantes présentant une délétion spécifique de Prlr dans le pancréas ont une altération de la tolérance au glucose à 15 jours de gestation et un manque de développement de las la fraction de cellules β, indiquant un rôle critique du récepteur de la prolactine dans le pancréas pendant la grossesse. De manière intéressante, les souris ayant la délétion de Prlr au niveau du cerveau antérieur ont une régulation de l’homéostasie glucidique normale à la même période de gestation indiquant que l'action de la prolactine dans le cerveau ne joue pas un rôle clé dans les changements de régulation du glucose pendant la grossesse.

Globalement, ces résultats indiquent une altération de l'homéostasie du glucose pendant la grossesse chez les souris avec une délétion spécifique du Prlr dans le pancréas et soulignent le rôle clé de l’action de la prolactine dans le pancréas dans l'adaptation de l'homéostasie glucidique pendant la grossesse. A l’inverse, le rôle des récepteurs de la prolactine dans le cerveau est amoindri dans les altérations de l’homéostasie glucidique induites par la grossesse.

Référence

[1] Chiefari E et al, Gestational diabetes mellitus: an updated overview. J Endocrinol Invest. 2017; 9:899-909.
[2] Rawn SM et al, Pregnancy Hyperglycemia in Prolactin Receptor Mutant, but Not Prolactin Mutant, Mice and Feeding-Responsive Regulation of Placental Lactogen Genes Implies Placental Control of Maternal Glucose Homeostasis. Biol Reprod. 2015;3:75.

Reference

CONGRES ENDO 2018 - Lundi 19 mars

Session P30 - Modulation of Glucose Homeostasis by Pregnancy
MON-150 / MON-150 - Pregnancy-induced Adaptations In Glucose Homeostasis In The Mouse Requires Prolactin Receptor Expression In The Pancreas But Not The Brain

D’après la communication écrite de :  Sharon Rachel Ladyman, PHD, Zin Zhant Aung, M.Sc., David Ross Grattan, (Dunedin, New Zealand)

Auteur de la brève

Sarah Saget