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Consensus international sur le SOPK

Des recommandations internationales sur la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ont été présentées sous l’égide de l’ESHRE au cours d’un symposium. La publication de ces dernières est prévue le 2 juillet 2018 et accessible en ligne (http//pcos-cre.edu.au). 

La prise en charge du SOPK est axée sur les trois principales comorbidités associées au SOPK : les anomalies métaboliques, les troubles de la reproduction et les troubles psychologiques.

La prise en charge thérapeutique s’articule autour de trois axes : l’évaluation et la prise en charge psychologique, l’intervention sur le mode de vie et, la prise en charge pharmacologique.

Il est primordial d’évaluer le retentissement psychologique et social de l’hyperandrogénie et de la surcharge pondérale/ ou de l’obésité aussi bien auprès des adolescentes que des adultes : cette évaluation n’est réalisée qu’à hauteur de 10 à 30 % par les praticiens interrogés. Pourtant, selon une étude récente de Dokras et al 2017 [1], la prévalence des symptômes dépressifs s’élève de 28 à 46 % et celle de l’anxiété à 34-57 %. Il est donc impératif de savoir dépister, évaluer et traiter de façon spécifique, ces manifestations psychologiques. De la même façon il faudra rechercher des troubles de l’alimentation, des troubles de l’image corporelle, une dysfonction psycho-sexuelle et évaluer la qualité de vie. 

La prise en charge thérapeutique du SOPK doit concerner en priorité « le mode de vie », de façon prolongée dans le temps et en association à toutes les autres interventions. C’est le seul traitement du SOPK qui a fait la preuve de son efficacité. La promotion de l’activité physique est donc en première ligne, activité régulière et planifiée, tout en identifiant les freins pouvant exister (manque de confiance dans l’efficacité ou encore insuccès préalables). Les recommandations consistent en une activité physique d’intensité modérée de 150 mn par semaine, de 75 mn si l’intensité est élevée ou un équivalent en associant éventuellement un renforcement musculaire au moins deux jours non consécutifs par semaine.

Le traitement pharmacologique pourra être proposé en complément : il faudra alors considérer les caractéristiques du patient et ses préférences. La plupart des traitements proposés, que ce soit les contraceptions orales (COP), la metformine (Met) ou les anti-androgènes (AA), sont souvent hors AMM dans l’indication du SOPK mais autorisée dans de nombreux pays, autorisation basée sur « des évidences ». Les auteurs rappellent l’importance d’expliquer aux patientes les principes d’utilisation, et les effets secondaires possibles attendus.

Recommandations concernant la place des pilules oestro-progestatives (COP) : La littérature sous tendant ces recommandations sur les COP est limitée (quatre études chez l’adolescente SOPK et neuf chez l’adulte SOPK). Chez l’adolescente sous COP, les cycles sont améliorés, sans de différence sur l’hirsutisme, les lipides, la testostéronémie et l’insuline à jeun, mais avec une prise de poids.  Il existe finalement peu d’évidences sur la supériorité de la COP versus placebo ou mode de vie et COP versus Metformine. Chez l’adolescente, les COP devraient être envisagés lorsque le diagnostic est évident, pour le traitement de l’hyperandrogénie et des cycles irréguliers ; lorsque le diagnostic est encore incertain, ou s’il s’agit d’adolescentes à risque de développer un SOPK, les COP peuvent être proposées dans les mêmes indications. Aucun type, ni dosage d’œstrogène ou de progestatif ou de combinaison n’est recommandé de façon spécifique dans le SOPK mais doivent répondre aux guides de bonne pratique pour la population générale auxquels s’ajoutent les risques spécifiques du SOPK : l’IMC, l’hyperlipidémie et l’HTA. Ainsi la prescription de préparations associant EE 35ug et CPA ne devrait pas être proposée en première intention et aucune préparation n’a d’activité spécifique sur l’hirsutisme. Le risque thrombo embolique devant être considéré, les auteurs recommandent de préférer de faibles doses d’EE ou équivalent (20 à 30 g) ou, des préparations à base d’œstrogènes naturels.

Les recommandations concernant l’utilisation de la Metformine, sont basées sur une vingtaine d’essais, surtout chez l’adulte. La Metformine améliore le BMI, le poids, le taux de Testostérone, TG et LDL, mais n’agit pas sur les taux de glycémie et d’insuline. Ses effets d’autant plus marqués que le BMI dépasse 25 kg/m2. Chez l’adolescente, elle peut être proposée en association au mode de vie si le diagnostic est confirmé ou en cas de symptômes évocateurs de SOPK.

Les recommandations concernant l’utilisation de la Met en association aux COP peut être considérée chez l’adolescente en cas de BMI>25 kg/m2. Quant à la place des anti-androgènes (AA) en association aux COP ils ne doivent être ajoutés que pour le traitement de l’hirsutisme, après six mois de traitement par COP et d’échec des traitements cosmétiques. Les précautions d’usage sont rappelées, en soulignant l’obligation d’une association à une contraception efficace, la surveillance du bilan hépatique si besoin.

Il n’y a pas de place pour les autres traitements : Anti androgènes seuls (risque de féminisation du fœtus féminin), agents pharmacologiques utilisés dans le traitement de l’obésité (absence de preuve) ou l’inositol seul ou en association (prometteur mais toujours expérimental), et acupuncture (études en cours).

Référence

[1] Cooney LG1, Lee I1, Sammel MD1,2, Dokras A1. High prevalence of moderate and severe depressive and anxiety symptoms in polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Hum Reprod 2017 ; 5:1075-1091.

Reference

CONGRES ENDO 2018 - Mardi 20 mars

S62 - An International Initiative to Improve Outcomes in PCOS: Evidence-Based Guidelines and Multifaceted Translation
D’après la communication de Helena Jane Teede, MBBS FRACP PhD. Monash Univ, Monash Health, Melbourne, Australia

Auteur de la brève

Aude Brac