Vous êtes ici

Croissance


Le traitement par inhibiteurs de l’aromatase (IA) améliore la taille adulte des filles ayant une puberté avancée ?

0
Aucun vote pour le moment

Les IA de troisième génération, en dehors de l’absence d’AMM, sont peu utilisés chez les filles, en raison du risque théorique d'hyperandrogénie. L’étude GAIL [1]), prospective bicentrique, avait deux étapes :

L’association IA (anastrozole)/GnRHa pendant 24 mois chez des filles débutant leur puberté entre 7,5 et 9 ans et au pronostic de taille adulte <-2DS ou -1,5 DS sous leur taille cible. 20 filles du centre A ont reçu IA et GnRHa, 20 filles du centre B des GnRHa seuls. L’association IA et GnRHa améliore le pronostic de taille finale de +1,21 SDS (+ 7,51 cm) par rapport à l’utilisation des GnRHa seuls (+ 0,31 SDS, +1,92 cm, p = 0,001) au bout des 24 mois de traitement.

En fin de traitement combiné (centre A, arrêt du GnRH pour toutes les patients), une randomisation était alors réalisée pour poursuivre (n=10) ou non (n=10) l'anastrozole à raison de 1 mg/jour en monothérapie jusqu'à l'âge de 14 ans et 6 mois. Au bout de 30 mois, le pronostic de taille finale augmente (p = 0,04), grâce à la réduction de la progression de l’âge osseux et à l’allongement de la période de croissance. Les concentrations de testostérone ont augmenté chez trois filles (testostérone moyenne : 0,39 ng/ml), mais aucune n’a développé d’hyperandrogénie clinique. Une fille a présenté une hyperplasie stromale ovarienne et une hyperlipidémie. Le traitement ne s’est accompagné ni de modification de l'hématocrite, ni des lipides. Aucune modification de la densité minérale osseuse des patientes n’a été notée. L’IA en monothérapie jusqu'à l'âge de 14 ans entraîne un gain statural supplémentaire à la bithérapie initiale de +3,85 cm, +0,62 SDS (p = 0,001).

Les auteurs concluent que les IA, en association avec les GnRHa et en monothérapie, semblent être efficaces pour améliorer la taille finale des filles présentant un potentiel de croissance compromis.

Si l’on peut discuter ces résultats en termes de méthodologie : étude non randomisée, pas de groupe contrôle, très petits effectifs, c’est le seule étude prospective à ce jour chez des filles, et ceci pourrait nous motiver, afin de valider l’utilisation éventuelle des IA à visée staturale chez les filles, à conduire un essai plus propre et sur un plus grand nombre de patients.

Mots clés : Inhibiteurs de l’aromatase, puberté avancée, analogues de la GnRH

Impact sur la pratique clinique : oui

Références

[1] Papadimitriou DT, Dermitzaki E, Papagianni M, Papaioannou G, Papaevangelou V, Papadimitriou A. Anastrozole plus leuprorelin in early maturing girls with compromised growth: the "GAIL" study. J Endocrinol Invest. 2016;39,4:439-46.

Références

Date de la session : 29 septembre 2018
Type de session : RFC13.4 et P1P201
Titre originale de la session : Anastrozole is Safe as Monotherapy in Early Maturing Girls with Compromised Growth, Further Improving Gain in Predicted Adult Height by the Initial Combination Therapy of an LHRH Analogue and an Aromatase Inhibitor : Results from the 'Gail' Study ISRCTN11469487
D’après la communication de D Papadimitriou (Grece)

Auteur de la brève

Dr. Claire Bouvattier

Département d’endocrinologie pédiatrique, hôpital Bicêtre, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, France