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DSD


Le développement testiculaire, un mécanisme complexe… et si les androgènes eux-mêmes étaient impliqués? ou le serpent qui se mord la queue..

De plus en plus de facteurs génétiques sont impliqués dans les anomalies du développement génital. Parmi les derniers rapportés récemment, on retrouve chez les sujets DSD 46,XY le gène STARD8 (Star related lipid transfer domaine protein 8) [1], et le gène DHX37 (DEAH box hélicase 37) qui pourraient être responsables notamment de syndromes de régression testiculaire. N Gomes rapporte la mise en évidence par Exome Sequencing de mutations de ces gènes dans cinq cas issus de trois familles, atteints pour la plupart d’un syndrome de régression testiculaire. La description antérieure de délétions 12q24, emportant ce gène, dans des DSD 46,XY [2], l’expression de la protéine DHX37 dans les cellules germinales de la période fœtale à l’âge adulte, ainsi que les analyses bio-informatiques de la pathogénicité par les logiciels de prédiction, permettent d’apporter des arguments complémentaires majeurs en faveur du rôle de ce nouveau gène dans l’arsenal génétique des anomalies du développement génital jusqu’à présent rapportées.

A coté de cette recherche génétique « classique », Oakes rapporte le rôle indéniable des androgènes eux même sur le développement testiculaire grâce à l’analyse d’un modèle original de zebrafish deficit en Fdx1, cofacteur important pour la stéroïdogenèse. En effet, dans ce modèle déficient en cortisol et en androgènes, les tubes séminifères apparaissent désorganisés, responsable d’une infertilité. Les mécanismes en cause semblent passer notamment par une réduction de l’expression de SOX9 gène majeur du développement testiculaire.

Ainsi, si les mécanismes du développement testiculaire commencent à être de mieux en mieux décortiqués, il reste encore une large part d’obscurité et de nouvelles approches sont importantes pour élucider l’ensemble des DSD.

Mots clés: DSD

Impact à court terme sur la pratique clinique : non

Références

[1] Ilaslan E, Calvel P, Nowak D, Szarras-Czapnik M, Slowikowska-Hilczer J, Spik A et al. A Case of Two Sisters Suffering from 46,XY Gonadal Dysgenesis and Carrying a Mutation of a Novel Candidate Sex-Determining Gene STARD8 on the X Chromosome. Sex Dev. 2018;12,4:191-195.

[2] Sathya P, Tomkins DJ, Freeman V, Paes B, Nowaczyk MJ. De novo deletion 12q: report of a patient with 12q24.31q24.33 deletion. Am J Med Genet. 1999 21;84,2:116-9.

Références

Date de la session : 28 septembre 2018
Type de session: free communication oral
Titre de la session sex differentiation, gonads and gynecology or sex endocrinology
D’après les communications de Nathalie Gomes (Brazil) et James Oakes (sheffield)

Auteur de la brève

Dr Mireille CASTANET

Centre de référence des maladies rares du calcium et du phosphore Service d'Endocrinologie pédiatrique, diabète, maladies phospho-calciques Département de pédiatrie médicale CHU de Rouen