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Brèves congrès ESPE 2018

Les communications pouvant avoir un impact à court terme sur la pratique clinique sont identifiées avec 3 étoiles bleves


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Le travail d’équipe pluridisciplinaire permet de prévenir des décès inexpliqués chez les personnes adultes porteuses du syndrome de Prader-Willi.

Journal: Congrès ESPE

La prise en charge des patients avec syndrome de Prader Willi a fortement changé au cours des dernières décennies favorisant des prises en charge multidisciplinaire pédiatrique et adulte avec une transition organisée.

D’après la littérature le taux de mortalité des patients Prader Willi est estimé à trois ou quatre fois supérieur à la population générale selon les études, mortalité d’origine cardiorespiratoire dans plus de 50 % des cas. Ces causes de décès peuvent être diminuées si l’obésité, le diabète et l’hypertension sont prévenus.

L’équipe multidisciplinaire de Hollande rapporte les données de suivi de leur cohorte d’adultes ayant un syndrome de Prader-Willi selon leur prise en charge avec ou sans suivi en pédiatrie. 

Leur cohorte comprend 100 adultes, 37 ayant été suivis en pédiatrie et traités par hormone de croissance ( GH /MC+) et 67 non suivis en pédiatrie et non traités par hormone de croissance et (GH/MC-). La moyenne d’âge entre les deux groupes est différente : 22,4 ans (18-29) pour GH/MC+ vs. 38 ans (20-60) pour GH/MC-, correspondant à une modification des pratiques et des indications thérapeutiques au cours du temps.[1]

La différence entre ces deux groupes de patients est marquée pour de nombreux facteurs : le groupe GH/MC – est obèse ( IMC moyen : 34.4 kg/m2) alors que le groupe GH/MG+ est en surpoids ( IMC :26.6 kg/m2) et présente moins de complications cardio-métaboliques ( prévalence du diabète 3 % vs.30 %, hypertension artérielle : 4 % vs. 20 %, respectivement entre les deux groupes).[2]

Même si la moyenne d’âge est différente, ces résultats sont intéressants pour valoriser les pratiques actuelles et devront être analysés dans quelques années selon des critères multivariés.

Mots clés : Prader-Willi/suivi pluridisciplianire, morbidité

Impact à court terme sur la pratique clinique : oui

Références 

[1] Paepegaey AC, Coupaye M, Jaziri A, Ménesguen F, Dubern B, Polak M et al. Impact of transitional care on endocrine and anthropometric parameters in Prader-Willi syndrome.
Endocr Connect. 2018;7,5:663-672

[2] Butler MG, Manzardo AM, Heinemann J, Loker C, Loker J. Causes of death in Prader-Willi syndrome: Prader-Willi Syndrome Association (USA) 40-year mortality survey.
Genet Med. 2017;19,6:635-642.

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Dis-moi ta pointure je te dirai quand tu seras pubère !

Journal: Congrès ESPE

La taille des pieds fait partie intégrante des paramètres anthropométriques et devrait donc être intégrer dans le suivi de la croissance et de l’évolution pubertaire des enfants. Afin de voir l’intégration de cette donnée en clinique, une équipe australienne a cherché à voir si les modifications de la taille des pieds étaient reliées à la croissance staturale et/ou pondérale, à l’évolution pubertaire clinique et/ou aux taux sanguins d’hormones sexuelles.

En analysant une base nationale de données comprenant plus de 290 adolescents âgés de 9 à 14 ans suivis annuellement pendant trois ans, l’équipe de Ben Balzer a montré que l’augmentation de la taille des pieds était significativement plus importante en période prépubertaire. Cette augmentation serait corrélée à l’augmentation des taux d’hormones sexuelles, mesurés par LC-MS/MS et à l’augmentation des taux d’IGF1.

Alors à quand la courbe de croissance de la taille des pieds de nos enfants, paramètre simple et peu couteux pour suivre l’évolution pubertaire et voire déterminer le moment de son initiation ?

Mots clés : évolution pubertaire, pointure

Impact sur la clinique : oui

Sujet: Puberté
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Metformine pour les adolescent DT1 ?: qu’en pense Adelaide ?

Journal: Congrès ESPE

Parmi les 90 patients de l’essai randomisé, 56 ont inclus cette étude de suivi : 27 du groupe ayant initialement reçu de la metformine et 29 du groupe placebo. Leur âge moyen était de 17,4 ans et la durée moyenne d’évolution du diabète était de 9,9 ans avec une HbA1C moyenne de 9,2 % (8,5-10,5). L’analyse des résultats a montré une amélioration de l’HbA1C de -0,64 % (IC 95 % -1,1 – 0,1 p=0,02) et de la fonction du muscle lisse vasculaire de façon indépendante de l’HbA1C dans le groupe metformine par rapport au groupe placebo.

La dose d’insuline totale diminuait sous traitement par metformine mais réaugmentait après la fin du traitement par metformine, sans différence significative.

Ainsi l’amélioration de l’HbA1C observée sous metformine pendant les 12 mois de la première étude persistait trois ans après l’arrêt du traitement chez les enfants et adolescents avec DT1, indiquant que l’utilisation transitoire de metformine pendant la puberté chez les adolescents DT1 pourrait être bénéfique.

Cependant les études sur le sujet se succèdent et se contredisent [5-8]. Il faut noter que la plupart des études expriment les résultats en terme d’HbA1C ou de dose d’insuline totale, mais peu s’intéressent à la diminution des complications vasculaires comme celle qui était présentée ici. Or, ce paramètre étant le principal déterminant d’une réduction de l‘espérance de vie, il serait intéressant de disposer d’études sur un plus large échantillon avec suivi prolongé afin de conclure.

Mots clés : diabète, insulinorésistance, puberté

Impact à court terme sur la pratique clinique : oui

Références 

[1] Cho YH, Craig ME, Donaghue KC.Puberty as an accelerator for diabetes complications. Pediatr Diabetes. 2014 ;15,1:18-26.

[2] Basu A, Jenkins AJ, Zhang Y, Stoner JA, Klein RL, Lopes-Virella MF Data on carotid intima-media thickness and lipoprotein subclasses in type 1 diabetes from the Diabetes Control and Complications Trial and the Epidemiology of Diabetes Interventions and Complications  DCCT/EDIC Research Group. Data Brief. 2015 ;22;6:33-8.

[3] Rawshani A, Sattar N, Franzén S, Rawshani A, Hattersley AT, Svensson AM et al. Excess mortality and cardiovascular disease in young adults with type 1 diabetes in relation to age at onset: a nationwide, register-based cohort study. Lancet. 2018;11;392,10146:477-486.

[4] Anderson et al Effect of metformin of vascular function in children with type 1 diabetes : A 12 months randomized controlled trial J Clin Endocrino metab 2017

[5] Konrad K, Datz N, Engelsberger I, Grulich-Henn J, Hoertenhuber T, Knauth B  et al. Current use of metformin in addition to insulin in pediatric patients with type 1 diabetes mellitus: an analysis based on a large diabetes registry in Germany and Austria. Pediatr Diabetes. 2015;16,7:529-37.

[6] Särnblad S, Kroon M, Aman J.Metformin as additional therapy in adolescents with poorly controlled type 1 diabetes: randomised placebo-controlled trial with aspects on insulin sensitivity. Eur J Endocrinol. 2003 ;149,4:323-9.

[7] Setoodeh A, Didban A, Rabbani A, Sayarifard A, Abbasi F, Sayarifard F et al. The Effect of Metformin as an Adjunct Therapy in Adolescents with Type 1 Diabetes. J Clin Diagn Res. 2017 ;11,4:SC01-SC04.

[8] Abdelghaffar S, Attia AM. Metformin added to insulin therapy for type 1 diabetes mellitus in adolescents. Cochrane Database Syst Rev. 2009 ;21;1:CD006691.

Sujet: Diabete
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BNM 111 : un traitement pour guérir l’achondroplasie ? En avant la phase 3 !

Journal: Congrès ESPE

L’achondroplasie, forme la plus fréquente de chondrodysplasie, est due à des mutations du gène FGFR3 (transmission dominante) induisant une activation constitutionnelle de ce récepteur impliqué dans le contrôle de la prolifération chondrocytaire. Le vosoritide (BNM 111, analogue du C-type natriuretic peptide), en inhibant la voie MAPK-ERK, permet de contrer l’activation constitutive de cette voie de signalisation. Les études réalisées chez l’animal montrent une correction du phénotype chez les souris mutées avec une injection quotidienne de vosorotide [1] et une accélération de la vitesse de croissance osseuse chez le singe [2].

Devant ces résultats prometteurs chez l’animal, le vosoritide est actuellement en cours d’essai chez l’homme. Lors de l’étude de phase 2, l’objectif principal était de tester la tolérance du vosoritide chez l’homme pour une posologie croissante ( de 2,5 à 30 ug/kg/jour). Le vosoritide a été administré en une injection sous cutanée journalière, pendant au moins six mois, chez 22 enfants âgés de 5 à 14 ans à l’inclusion (âge moyen : 7, 8 ans). Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté de l’essai. Tous les patients ont rapporté une réaction au point d’injection (érythème majoritairement). Des manifestations cardiovasculaires (hypotension artérielle) ont été constatées chez près de la moitié des patients, sans manifestation clinique et n’ayant pas nécessité de mesure corrective. Aucune réaction anaphylactique n’a été rapportée. L’administration sous cutanée quotidienne de 15 ug/kg de vosoritide a permis une accélération de la vitesse de croissance (VC) de 2 cm/an (VC moyenne : 4 cm/an avant traitement vs. 6 cm/an avec le traitement), soit un gain de 4 cm supplémentaires avec le vosoritide durant les 30 mois de suivi. Nous attendons désormais avec impatience les résultats de la phase 3 !

Mots clés : achondroplasie, vosoritide

Impact à court terme sur la pratique clinique : non

Références 

[1] Lorget F, Kaci N, Peng J, Benoist-Lasselin C, Mugniery E, Oppeneer T, et al. Evaluation of the therapeutic potential of a CNP analog in a Fgfr3 mouse model recapitulating achondroplasia. Am J Hum Genet. 2012 ; 7;91,6:1108-14.

[2] Wendt DJ, Dvorak-Ewell M, Bullens S, Lorget F, Bell SM, Peng J, et al. Neutral endopeptidase-resistant C-type natriuretic peptide variant represents a new therapeutic approach for treatment of fibroblast growth factor receptor 3-related dwarfism. J Pharmacol Exp Ther. 2015 ;353,1:132-49.

Sujets: Os, Croissance
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Vers une médecine personnalisée face à l’inégalité

Journal: Congrès ESPE

Faut-il mettre tout le monde au même régime alimentaire ? Les mesures continues du glucose ont montré des variations importantes des excursions glycémiques postprandiales entre les individus  soumis à un régime alimentaire contrôlé identique. Cette variabilité pourrait s’expliquer notamment par la composition de notre microbiote intestinale, modifiée notamment par l’environnement, l’antibiothérapie, les probiotiques…etc. [1]. Cette observation intéressante pourrait expliquer en partie les différences de susceptibilité face au diabète de type 2, à l’obésité, les maladies cardiovasculaires et encourager à adapter le régime alimentaire de manière individuelle afin de maintenir une « bonne santé ».

C’est ce qu’a imaginé l’équipe de Eran Segal dans une étude à grande échelle : il  a proposé des régimes « à la carte », utilisant des algorithmes complexes, intégrant non seulement les paramètres glycémiques individuels évalués après différents repas bien définis par des mesures continues de glucose interstitiel sur plusieurs jours, mais également les mesures anthropométriques, l’activité physique, l’étude du microbiote…. Les résultats de cette étude ont permis de montrer l’intérêt d’une telle approche sur la réduction des hyperglycémies postprandiales individuelles mais également sur la modification du microbiote, suggérant des effets durables dans le temps [2]

Ainsi, la médecine devient personnalisée … modifier notre microbiote grâce à une adaptation individuelle de son régime alimentaire après analyses informatiques intégrées prenant en compte différents paramètres cliniques, biologiques pourrait peut-être être la clé de notre bonne santé à long terme ?

Mots clés : nutrition

Impact à court terme sur la pratique clinique : oui

Références 

[1] Zmora N, Zilberman-Schapira G, Suez J, Mor U, Dori-Bachash M,et al. Personalized Gut Mucosal Colonization Resistance to Empiric Probiotics Is Associated with Unique Host and Microbiome Features.Cell. 2018; 6;174,6:1388-1405.e21.

[2] Zeevi D, Korem T, Zmora N, Israeli D, Rothschild D, Weinberger A,et al. Personalized Nutrition by Prediction of Glycemic Responses.Cell. 2015 ;19;163,5:1079-1094.

Sujet: Nutrition
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Chasser le TART

Journal: Congrès ESPE

Suite aux progrès des 50 dernières années concernant le diagnostic et le traitement de l’hyperplasie congénitale des surrénales, la plupart des patients atteignent l’âge adulte et les complications au long cours augmentent. Parmi elles l’infertilité est un problème majeur, pouvant être liée à une dysfonction gonadique primaire ou secondaire dans les deux sexes.

Chez la fille, a) l’excès d’androgènes surrénaliens, b) l’excès de progestérone surrénalienne, c) les inclusions surrénaliennes intra-ovariennes, d) l’hyperandrogénie d’origine ovarienne (SOPK) peuvent causer une dysfonction gonadique primaire se manifestant par une altération des cycles menstruels.

Chez le garçon, la cause la plus fréquente d’infertilité est la présence d’inclusions testiculaires (Testicular Adrenal Rest Tumor ou TART) entrainant une azoospermie d’origine obstructive. Elles sont bilatérales dans 83 % des cas, avec une localisation centrale, toujours bénignes, et entrainent une dysfonction des cellules de Leydig et Sertoli. Il existe une classification en cinq stades [1]. Leur prévalence est de 29 % pour les 11-12 ans et 50 % pour les 13-14 ans [2].

Les TART peuvent être stimulées par la LH dans le cadre de la puberté centrale, ainsi que par l’ACTH et l’Angiotensine 2 en fonction de la durée et de la sévérité du mauvais contrôle hormonal notamment dans les cas de mauvaise compliance au traitement. L’évaluation de la dysfonction gonadique chez le garçon avec HCS est délicate : le taux de testostérone et la FSH ne sont pas de bons marqueurs de la fonction des cellules de Leydig et Sertoli notamment dans les cas de mauvais contrôle hormonal, l’inhibine B est un bon marqueur pour le contingent sertolien, enfin le ratio delta 4 androsténédione/testostérone peut aider à comprendre l’origine de la testostérone (r < 0,8 = origine testiculaire, r > 1 = origine surrénalienne).

Chez l’adulte, les études de cohorte regroupant 219 patients français [3] et 69 patients de la cohorte Européenne DSD-Life [4] montrent une fréquence de TART variant de 34 à 50 %, leur fréquence étant plus élevée en cas de génotype sévère et d’élévation des androgènes surrénaliens (17 OH progestérone et delta 4 androsténédione) [4]. Les anomalies du spermogramme sont présentes dans 42 à 70 % des cas, plus fréquemment en présence de TART.

En pratique le contrôle hormonal surrénalien optimisé est l’élément clé d’obtention d’un fonctionnement gonadique optimal, et ce dès la puberté, afin de tenter de préserver au maximum la fertilité ultérieure. En plus de la surveillance régulière des androgènes surrénaliens, il est recommandé 1) chez les filles de vérifier la régularité des cycles et doser la progestérone en cas d’irrégularité menstruelle 2) chez les garçons : de rechercher des inclusions testiculaires de façon annuelle dès le démarrage pubertaire, d’évaluer tous les ans la fonction gonadique avec dosage LH, FSH, inhibine B et ratio delta4 androsténédione/testostérone et enfin, de réaliser une cryoconservation de sperme en cas d’inclusions testiculaires.

Mots clés : hyperplasie congénitale des surrénales, fonction gonadique, ovaire, testicule, inclusions testiculaires

Impact sur la pratique clinique : oui

Références 

[1] Claahsen-van der Grinten HL1, Otten BJ, Stikkelbroeck MM, Sweep FC, Hermus AR.

Testicular adrenal rest tumours in congenital adrenal hyperplasia. Best Pract Res Clin Endocrinol Metab. 2009 ;23 ,2:209-20.

[2] Knape P, Reisch N, Dörr HG, Reincke M, Lenk S, Quinkler M. [Testicular adrenal rest tumors (TART) in adult men with classic congenital adrenal hyperplasia (CAH)].Urologe A. 2008 ;47,12:1596-7, 1599-602.

[3] Bouvattier C, Esterle L, Renoult-Pierre P, de la Perrière AB, Illouz F, Kerlan V, et al.Clinical Outcome, Hormonal Status, Gonadotrope Axis, and Testicular Function in 219 Adult Men Born With Classic 21-Hydroxylase Deficiency. A French National Survey.

J Clin Endocrinol Metab. 2015;100,6:2303-13.

[4] Engels M, Gehrmann K, Falhammar H, Webb EA, Nordenström A, Sweep FC,  Gonadal function in adult male patients with congenital adrenal hyperplasia.Eur J Endocrinol. 2018;178,3:285-294.

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Analyse d'une cohorte de dix patients atteints de déficit en 17-bêta-HSD3

Journal: Congrès ESPE

Le déficit en 17-bêta-HSD de type 3 est un déficit rare de la stéroïdogénèse testiculaire. Il est responsable de DSD avec un phénotype variable à la naissance allant d’organes génitaux externes féminins à un hypospade postérieur avec micropénis. Ces patients, s’ils n’ont pas été gonadectomisés, se virilisent à la puberté. Dans cette petite série de dix patients, le diagnostic a été tardif avec un âge moyen au diagnostic de DSD de 4,3 ans et de déficit en 17-bêta-HSD3 de 10,9 ans. Les profils stéroïdiens de cinq patients ont été déterminés avant la gonadectomie et le début de l’hormonothérapie : tous les patients présentaient des taux de delta4 et d'estrone élevés, le rapport T/delta 4 était inférieur à 0,60.

Sur les dix patients, cinq entretiens semi-structurés ont été réalisés, trois sont en attente et deux patients ne souhaitent pas être interrogés. Les cinq patients interrogés ont été déclarés à la naissance de sexe féminin : trois s'identifient à l’âge adulte de sexe féminin, mais sont en difficultés avec leur genre et deux de sexe masculin. Un des patients s’identifiant comme un homme dit se débattre avec son sexe depuis le changement de sexe (F to M) débuté au début de l'adolescence. De plus, les entretiens ont montré des signes évoquant une dysphorie de genre avant le diagnostic de DSD.

Ces quelques données mettent en évidence la pertinence d’une éducation sans distinction de sexe (ce que proposent les auteurs : est-ce possible ?) ou la nécessité de sursoir à la chirurgie précoce chez les patients 46,XY porteurs de déficit en 17- bêta HSD3, afin de laisser au patient le temps de se déterminer. Le délai diagnostique doit être aboli et le diagnostic évoqué devant tout DSD à la naissance en mesurant les concentrations de T et delta 4.

Mots clés : testicule, DSD, 17-béta-HSD

Impact sur la pratique clinique : non

Sujet: DSD
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La cerise sur le gâteau

Journal: Congrès ESPE

L’accumulation de tissu adipeux, en particulier de graisse viscérale, est un facteur de risque de diminution de la densité minérale osseuse et de survenue de fractures spontanées. Plusieurs mécanismes ont été proposés pour expliquer la relation complexe entre tissu adipeux et os, notamment la production de cytokines inflammatoires par les adipocytes et les cellules immunes, qui pourraient stimuler la résorption osseuse.

Les études in vitro et in vivo ont rapporté que les cerises ont une activité anti-oxydante et anti inflammatoire grâce à leur contenu en polyphénols, et inhibent l’ostéoclastogénèse [1,2].

Dans cette étude, les auteurs ont étudié les caractéristiques osseuses d’une cohorte de 10 patients obèses et de 10 contrôles et les effets de concentrés issus de différentes variétés de cerises (Giorgia, Bigaretta et Ferrovia) sur la différenciation ostéoclastique. On notait une diminution significative de la DMO chez les patients ayant une obésité (p<0,01). Ils ont isolé des cellules mononuclées à partir de prélèvements sanguins des deux groupes, évalué le pourcentage de précurseurs ostéoclastiques CD14+ et CD16+ et réalisé des cultures cellulaires d’ostéoclastes en présence d’extraits différents de cerise.

Chez les patients obèses, il existait un pourcentage élevé de précurseurs ostéoclastiques CD14+ CD16+ circulants ainsi qu’une ostéoclastogénèse spontanée associée à la présence de taux élevés de cytokines telles que RANKL et TNFa par rapport aux patients contrôles. Le traitement avec les extraits de cerise entrainait une réduction dose dépendante de l’ostéoclastogénèse ainsi qu’une réduction de l’expression de RANKL et TNFa chez les patients obèses par rapport aux patients contrôles.

Cette étude suggère que proposer la consommation de cerises, riches en polyphénols, pourrait améliorer la santé osseuse de nos patients obèses.

Mots clés : obésité, anti-oxydants, ostéoclastes

Impact sur la pratique clinique : non

Références 

[1] Bu SY, Lerner M, Stoecker BJ, Boldrin E, Brackett DJ, Lucas EA,et al.Dried plum polyphenols inhibit osteoclastogenesis by downregulating NFATc1 and inflammatory mediators.Calcif Tissue Int. 2008 ;82,6)475-88.

[2] Dudaric, L., Fuzinac-Smojver, A., Muhvic, D., & Giacometti, J. The role of polyphenols on bone metabolism in osteoporosis. Food Research International. 2015. 77, 290-298.

Sujets: Os, Obésité
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Un travail publié, un article à récupérer

Journal: Congrès ESPE

En présence d’un trouble de la différenciation sexuelle, nous nous servons de la mini puberté pour explorer nos patients, avec une idée plutôt claire de ce qui se passe chez les garçons [1-2]. Dans ce poster, les auteurs rapportent des valeurs normales de FSH, LH, testostérone, œstradiol, SHBG, AMH, inhibine B, DHEA, SDHEA, 17OHP, androsténédione lors de la mini puberté de deux mois à cinq mois chez plus de 1800 enfants (garçons et filles). Ce travail peut s’avérer fort utile dans notre pratique quotidienne, nous donnant accès à des normes d’hormones sécrétées pendant la mini puberté dans les deux sexes. Notre chance : ce travail a été récemment publié dans le JCEM [3] un article à récupérer !

Mots clés : nourrisson, axe gonadotrope

Impact sur la pratique clinique : oui

Références

[1] Forest MG, Sizonenko PC, Cathiard AM, Bertrand J 1974 Hypophyso- gonadal function in humans during the first year of life. 1. Evidence for testicular activity in early infancy. J Clin Invest 53:819–828

[2] Bouvattier C, Carel JC, Lecointre C, David A, Sultan C, Bertrand AM, Morel Y, Chaussain JL. Postnatal changes of T, LH, and FSH in 46,XY infants with mutations in the AR gene. J Clin Endocrinol Metab. 2002;87 ;1:29–32.

[3] Johannsen TH, Main KM, Ljubicic ML, Jensen TK, Andersen HR, Andersen MS et al. Sex Differences in Reproductive Hormones During Mini-Puberty in Infants With Normal and Disordered Sex Development.,. J Clin Endocrinol Metab. 2018 1;103,8:3028-3037

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« Metabolomic » ou l’empreinte digitale du 21ème siècle

Journal: Congrès ESPE

Le métabolome (ensemble des métabolites présents dans un échantillon biologique) ou « empreinte digitale métabolique » permet d’étudier le fonctionnement d’un système biologique de manière dynamique. Contrairement aux autres membres de la famille « omic », la metabolomic est sensible aux conditions dans lesquelles sont étudiées le système biologique (environnement…) et reflète le fonctionnement du système à un moment T. L’étude du métabolome d’un système biologique constitue une première étape dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques qui sous-tendent un phénotype : « Quels sont les changements biologiques constatés dans ce phénotype ? ».  A titre d’exemple, une étude du métabolome d’enfants nés par FIV-ICSI a été réalisée pour comprendre le mécanisme physiopathologique à l’origine de l’augmentation du risque cardiovasculaire constaté chez ces enfants [1]. La comparaison du métabolome réalisée chez 42 enfants (âge moyen six ans) nés à l’issue de FIV-ICSI, à celui de 42 enfants du même âge conçus naturellement, a révélé un profil métabolomique différent entre les deux groupes : la concentration de 35 métabolites est significativement plus élevée chez les enfants nés à l’issue de FIV-ICSI que chez les enfants conçus naturellement. Il est intéressant de noter que plusieurs de ces métabolites sont connus pour être associés au diabète, à l’obésité et au syndrome métabolique. Cette piste semble donc intéressante, mais il ne reste « plus » désormais qu’à comprendre pourquoi il existe de telles différences. Le metabolomic pourra compter sur l’association des autres membres de « l’omic » (genomic, transcriptomic, proteomic) pour participer à la compréhension de ces mécanismes

Mots clés : Metabolomic, recherche, FIV-ICSI

Impact sur la pratique clinique : non

Références 

1 : kourogianni A, Kosteria I, Telonis AG, Margeli A, Mantzou E, Konsta M, et al. Plasma metabolomic profiling suggests early indications for predisposition to latent insulin resistance in children conceived by ICSI. PLoS One. 2014 ;11;9,4:e94001

Sujet: Recherche
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Le développement testiculaire, un mécanisme complexe… et si les androgènes eux-mêmes étaient impliqués? ou le serpent qui se mord la queue..

Journal: Congrès ESPE

De plus en plus de facteurs génétiques sont impliqués dans les anomalies du développement génital. Parmi les derniers rapportés récemment, on retrouve chez les sujets DSD 46,XY le gène STARD8 (Star related lipid transfer domaine protein 8) [1], et le gène DHX37 (DEAH box hélicase 37) qui pourraient être responsables notamment de syndromes de régression testiculaire. N Gomes rapporte la mise en évidence par Exome Sequencing de mutations de ces gènes dans cinq cas issus de trois familles, atteints pour la plupart d’un syndrome de régression testiculaire. La description antérieure de délétions 12q24, emportant ce gène, dans des DSD 46,XY [2], l’expression de la protéine DHX37 dans les cellules germinales de la période fœtale à l’âge adulte, ainsi que les analyses bio-informatiques de la pathogénicité par les logiciels de prédiction, permettent d’apporter des arguments complémentaires majeurs en faveur du rôle de ce nouveau gène dans l’arsenal génétique des anomalies du développement génital jusqu’à présent rapportées.

A coté de cette recherche génétique « classique », Oakes rapporte le rôle indéniable des androgènes eux même sur le développement testiculaire grâce à l’analyse d’un modèle original de zebrafish deficit en Fdx1, cofacteur important pour la stéroïdogenèse. En effet, dans ce modèle déficient en cortisol et en androgènes, les tubes séminifères apparaissent désorganisés, responsable d’une infertilité. Les mécanismes en cause semblent passer notamment par une réduction de l’expression de SOX9 gène majeur du développement testiculaire.

Ainsi, si les mécanismes du développement testiculaire commencent à être de mieux en mieux décortiqués, il reste encore une large part d’obscurité et de nouvelles approches sont importantes pour élucider l’ensemble des DSD.

Mots clés: DSD

Impact à court terme sur la pratique clinique : non

Références

[1] Ilaslan E, Calvel P, Nowak D, Szarras-Czapnik M, Slowikowska-Hilczer J, Spik A et al. A Case of Two Sisters Suffering from 46,XY Gonadal Dysgenesis and Carrying a Mutation of a Novel Candidate Sex-Determining Gene STARD8 on the X Chromosome. Sex Dev. 2018;12,4:191-195.

[2] Sathya P, Tomkins DJ, Freeman V, Paes B, Nowaczyk MJ. De novo deletion 12q: report of a patient with 12q24.31q24.33 deletion. Am J Med Genet. 1999 21;84,2:116-9.

Sujet: DSD
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La belle leçon de l’enfant du pays

Journal: Congrès ESPE

Constantine Stratakis a grandi à Athènes et y a fait ses études de médecine avant de poursuivre une carrière scientifique en France puis au NIH dans le laboratoire de G. Chrousos, monument de l’endocrinologie grecque. Il est maintenant directeur scientifique au NIH dans la section endocrinologie et génétique. Avec plus de 500 publications indexées, il a développé la recherche sur la génétique des tumeurs endocrines, et en particulier dans la maladie de Cushing [1]. Il présente aujourd’hui l’avancée de ses recherches sur la génétique des maladies de Cushing de l’enfant. Pour résumé, à partir d’une cohorte de 268 patients, les analyses génétiques successives ont identifiées l’implication à ce jour : a) dans les formes familiales, de MEN1 (5 cas) et de FIPA (deux cas). b) dans les formes isolées, de AIP (un cas), CABLES1 (un cas), CNC (un cas), KLLN (trois cas), MEN1 (un cas), MEN4 (deux cas), TSC2 (deux cas), USP8 (un cas). Dans sa présentation, C Stratakis a particulièrement insisté sur le rôle de deux gènes (CABLES1) [2] et KLLN (résultats non publiés) impliqués dans la régulation du cycle cellulaire. Mais au total, 91 % des cas de la cohorte restent non élucidés. Encore beaucoup de publications à venir, à n’en pas douter.

Mots clés : génétique, maladie de Cushing

Impact sur la pratique clinique : non

Références

[1] Stratakis CA.Ann An update on Cushing syndrome in pediatrics. 2018;79,3:125-131.

[2] Hernández-Ramírez LC, Gam R, Valdés N, Lodish MB, Pankratz N, Balsalobre A et al. Loss-of-function mutations in the CABLES1 gene are a novel cause of Cushing's disease., Endocr Relat Cancer. 2017;24,8:379-392.

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