éditorial

Chers collègues et amis,

Le partenariat SFEDP- Elsevier se poursuit cette année pour vous rapporter les moments forts de l’ESPE. Aussi c’est avec plaisir que l’équipe de rédacteurs vous rapportera les communications séduisantes ou surprenantes entendues lors de la 57e réunion annuelle ESPE qui se tiendra à Athènes, 27-29 Septembre 2018.

Le thème de la réunion est « médecine narrative et de précision en endocrinologie pédiatrique ». Tout un programme dans cette ville chargée d’histoire de la civilisation et de la médecine.

A très bientôt

Pr Rachel Reynaud

Les brèves du congrès de l'ESPE

 

Retrouvez ci-dessous les résumés des principales communications présentées lors du congrès de l'ESPE 2018 à Athenes.
Les communications pouvant avoir un impact sur la pratique clinique sont identifiées par une étoile.

De la migration des sternes arctiques au syndrome métabolique : des nouveautés dans la régulation épigénétique de la masse grasse ?

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Journal: Congrès ESPE

Alors que les sternes arctiques utilisent leur tissu adipeux profond comme principale source d’énergie et que leurs réserves disparaissent lors de leur migration saisonnière, il n’en est pas de même chez les enfants en surpoids… Le suivi prospectif d’enfants en surpoids avant l’âge de 6 ans montrent que la majorité gardent un IMC élevé à l’adolescence. L’analyse transcriptomique du tissu adipeux a montré, comme dans les modèles murins, une diminution de l’expression de TRIM38 chez les enfants obèses comparativement aux enfants avec IMC normal. TRIM38 étant au cœur d’un réseau de gènes soumis à empreinte (NNAT, PEG3, CDKN1C, and PLAGL1) son implication constitue une piste intéressante de recherche (1). Les enfants nés PAG avec rattrapage postnatal rapide présentent un sur-risque de développer un syndrome métabolique à l’âge adulte, corrélé à l’augmentation de la masse grasse profonde. Dès l’âge de 3 à 6 ans, les enfants nés PAG présentent un excès de masse grasse central, principalement hépatique, comparativement aux enfants nés eutrophes (2). L’équipe d’Ibanez a mis en évidence une hyperméthylation de GPR120 (ou Free Fatty Acid Receptor 4, FFAR4, codant pour un récepteur des acides gras libres) chez les fœtus PAG au sang du cordon comparativement aux fœtus eutrophes, induisant une diminution du niveau d’expression de ce gène (3). La diminution d’expression de GPR120 a pour conséquences : 1/ une redistribution de la masse grasse en faveur du tissu adipeux profond, 2/ une diminution de la sécrétion de GLP1 et en conséquence une augmentation de l’appétit. La régulation épigénétique de l’expression de GPR120 constitue donc une piste intéressante dans la compréhension des mécanismes à l’origine de l’excès de masse grasse profonde et du syndrome métabolique chez les enfants nés PAG.

Mots clés :  épigénétique, tissu adipeux,

Impact sur la pratique clinique : non

Références

[1] : Dalgaard K.Trim28 Haploinsufficiency Triggers Bi-stable Epigenetic Obesity., Cell. 2016 28; 164.3: 353–364.

[2]: Sebastiani G, Díaz M, Bassols J, Aragonés G, López-Bermejo A, de Zegher F,Ibáñez L. The sequence of prenatal growth restraint and post-natal catch-up growth leads to a thicker intima-media and more pre-peritoneal and hepatic fat by age 3-6 years. Pediatr Obes. 2016 11 ;4:251-7

[3] : Díaz M, García C, Sebastiani G, de Zegher F, López-Bermejo A, Ibáñez L.Placental and Cord Blood Methylation of Genes Involved in Energy Homeostasis:Association With Fetal Growth and Neonatal Body Composition. Diabetes. 2017.66 ;3:779-784.

Sujet: Obésité

La controverse du jour : pour ou contre le traitement de enfants avec petite taille idiopathique ?

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Journal: Congrès ESPE

Traiter ou non les enfants de petite taille lorsque aucune cause n’est retrouvée est une question que chaque endocrinopédiatre se pose au quotidien. Aux USA, l’hormone de croissance est un traitement approuvé pour les enfants ISS mesurant moins de -2,25 DS mais cette indication n’est pas retenue par les autorités réglementaires en Europe. Cependant, la distinction entre ISS et GHD reste « délicate ». En effet, la valeur diagnostique des tests de stimulation en hormone de croissance est souvent discutable notamment chez les enfants prépubères (Tauber et a, JCEM 1997). L’intérêt d’un priming par estrogènes quel que soit l’âge a d’ailleurs été proposé pour renforcer la valeur diagnostique de ces tests (Marin et al, JCEM 1994). La valeur de l’IGF1 n’apporte pas plus d’assurance face au diagnostic de GHD si elle n’est pas interprétée en fonction de l’âge, le stade pubertaire, BMI. Ainsi, la classification GHD, SGA, ISS reste difficile …de plus qu’est-ce qu’une petite taille idiopathique ou ISS ? Dans les dernières années, la biologie moléculaire a dévoilé de nouvelles étiologies (SHOX, STATB5.etc.) et il est très probable que les années à venir nous apportent un éclairage étiologique pour certains ISS.

La controverse de cette session était : faut-il traiter les enfants de petite taille ? quel est l’objectif ? Pour améliorer la taille adulte ? Dans une méta-analyse regroupant plus de 19 études dont trois essais contrôlés randomisés, il apparait que le traitement par GH apporte un gain de taille moyen de 1,2 DS chez les adultes traités dans l’enfance pour ISS ; toutefois il est à noter que la réponse apparait très hétérogène [1]. Pour améliorer la qualité de vie face à une pression sociétale où la taille est le reflet du bien-vivre ? La relation qualité de vie et taille a été largement débattue, certains rapportant que cette qualité de vie n’est significativement altérée qu’en cas de petite taille extrême <-4DS [2].

Enfin dans la balance du pour ou contre traiter un enfant de petite taille, il est important de suivre les données actualisées concernant des pathologies associées de ces patients dont il est difficile d’affirmer un lien de causalité avec le traitement.

Ainsi, de nombreux facteurs rentrent en jeu dans la décision de traiter ou non un enfant de petite taille et une large majorité (60 % des votants dans l’assemblée assistant à la controverse à l’ESPE) sont en faveur du traitement par GH dans les iSS. Toutefois, cette discussion doit rester une affaire de spécialistes et il est nécessaire de poser l’indication au cas par cas et de réévaluer régulièrement son efficacité individuelle.

Mots clès :  GHD, croissance

Impact sur la pratique clinique : oui

Références

[1] Deodati A, Cianfarani S. Impact of growth hormone therapy on adult height of children with idiopathic short stature: systematic review. BMJ. 2011 Mar 11;342:c7157

[2] Manouk van der Steen, Carolina C J Smeets, Gerthe F Kerkhof, Anita C S Hokken-Koelega Metabolic health of young adults who were born small for gestational age and treated with growth hormone, after cessation of growth hormone treatment: a 5-year longitudinal study  Lancet Diabetes Endocrinol 2017; 5: 106–16

[2] Manouk van der Steen, Gerthe F Kerkhof, Carolina C J Smeets, Anita C S Hokken-Koelega. Cardiovascular risk factors and carotid intima media thickness in young adults born small for gestational age after cessation of growth hormone treatment: a 5-year longitudinal study. Lancet Diabetes Endocrinol 2017; 5: 975–85

Sujet: Croissance

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Attention, ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique. Ce compte-rendu est réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.